La situation de la prison centrale et des infrastructures judiciaires de Mbanza Ngungu a été au cœur de la visite effectuée mercredi 2 septembre 2026 par le ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali. En mission, le ministre est venu s’enquérir directement des conditions de fonctionnement des services judiciaires et pénitentiaires de la province du Kongo Central.

À la prison centrale de Mbanza Ngungu, les chiffres témoignent d’une forte surpopulation. L’établissement héberge 427 détenus alors que sa capacité théorique est de 150 personnes. La prison fonctionne ainsi avec un nombre de détenus qui représente près de trois fois sa capacité d’accueil. La visite lui a permis de constater plusieurs difficultés qui affectent le fonctionnement de la justice dans cette partie du Kongo Central.

Selon les données présentées par le directeur de l’établissement, Trésor Malonda Nsanga, 191 détenus sont des prévenus et 236 sont condamnés. La prison compte également sept femmes et deux mineurs. L’établissement est installé dans une ancienne maternité. Cette configuration ne permet pas une séparation adéquate des différentes catégories de détenus. Les femmes disposent d’un espace distinct, mais les prévenus et les condamnés cohabitent. Les mineurs ne disposent pas d’un quartier spécialement adapté à leur âge.

Les conditions de vie sont également difficiles. Plusieurs détenus dorment à même le sol en raison du manque de couchettes. Les installations sanitaires sont insuffisantes et un seul repas est actuellement servi chaque jour aux détenus, d’après la direction de la prison.

La situation sanitaire préoccupe également les responsables de l’établissement. Des cas de tuberculose et de choléra ont été signalés. Le poste de santé de la prison assure essentiellement les premiers soins avec des moyens limités. Les malades nécessitant une prise en charge plus importante sont orientés vers l’Hôpital général de référence de Mbanza Ngungu.

Le fonctionnement de la prison est aussi affecté par des difficultés financières. La direction indique ne plus avoir reçu de subventions depuis cinq mois.

Au cours de sa visite, Guillaume Ngefa a pris le temps d’échanger avec plusieurs détenus. Ceux-ci lui ont présenté leurs préoccupations liées à leurs conditions de détention, à l’alimentation, aux soins médicaux et au traitement de leurs dossiers judiciaires.

Le ministre d’État s’est également rendu au Parquet de grande instance de Mbanza-Ngungu. L’infrastructure qui abrite ce service constitue l’un des autres points préoccupants relevés au cours de cette visite. Le Parquet fonctionne dans une structure en bois construite en 1956. Plus de sept décennies après sa construction, le bâtiment présente aujourd’hui un état de dégradation important. Cette situation pose des difficultés aux magistrats et au personnel judiciaire dans l’exercice de leurs fonctions. Elle affecte également les conditions d’accueil des justiciables qui fréquentent le Parquet.

La visite de Guillaume Ngefa permet ainsi de mettre en lumière plusieurs besoins prioritaires du territoire de Mbanza Ngungu dans le secteur de la justice. La situation de la prison centrale appelle notamment des réponses en matière de désengorgement, d’infrastructures, de prise en charge sanitaire et d’alimentation des détenus.

L’état du Parquet souligne, de son côté, la nécessité de moderniser les infrastructures judiciaires afin d’offrir aux magistrats de meilleures conditions de travail et aux justiciables un meilleur accès aux services de justice.

Notons toutefois que Mbanza-Ngungu constitue la deuxième étape de l’itinérance du ministre de la Justice dans le Kongo Central. Après cette étape, Guillaume Ngefa doit poursuivre sa mission notamment à Matadi, Boma et Muanda.

REAGAN NSIESE

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